« PLAN BANLIEUE »de Madame Pécresse : communiquer n’est pas agir

Dans une récente interview à un quotidien national Madame Pécresse a présenté un « plan banlieue » pour « casser les ghettos ».

Quand bien même nous serions tentés de la croire, la réalité de ses actes politiques à la tête de la Région Ile-de-France traduit un décalage flagrant entre ses déclarations médiatiques et les mesures qu’elle met en œuvre au niveau régional.

Trois domaines emblématiques illustrent cette stratégie :

  • Les logements sociaux : Madame Pécresse déclare que « si l’on veut faire des territoires de mixité réelle, il faut détruire les grands ensembles dans lesquels il y a plus de 50% de logements sociaux, et instaurer un plafond anti ghetto de 30% de HLM ». Rappelons-lui également que pour instaurer un plafond de 30% de logements sociaux et lutter contre les ghettos, encore faudrait-il qu’elle engage enfin la lutte contre les ghettos de riches de ses amis de droite qui refusent en toute impunité de construire des logements sociaux. Alors que la loi SRU fixe un plancher pour la construction des logements sociaux, Valérie Pécresse souhaite au contraire en faire un plafond, preuve s’il en est de son peu d’ambition dans la lutte contre les inégalités quand dans le même temps l’année 2017 a été une année blanche en matière de construction de logements sociaux dans la métropole

 

  • La sécurité : Valérie Pécresse déclare « nous avons déjà mis en place le bouclier de sécurité pour aider les maires, notamment pour la vidéo protection. On va doper ce dispositif en mettant en place une majoration des aides de 50% pour aider à l’installation de postes de police municipaux dans les quartiers populaires ».Si la vidéo-protection peut constituer un outil intéressant, encore convient-il de l’utiliser efficacement en répartissant son implantation de manière équilibrée et réfléchie.Le « bouclier de sécurité » de la Présidente de Région se limite strictement à de la vidéo surveillance alors que, comme nous l’expliquons régulièrement, la production de sécurité – qui doit aussi passer par la prévention pour être efficiente – doit relever d’une complémentarité entre la technologie et la présence humaine, cette dernière étant aujourd’hui totalement délaissée par Madame Pécresse. Or, comment Madame Pécresse va pouvoir expliquer que, par exemple, lors de notre prochaine séance plénière du 4 juillet prochain, elle va proposer au vote l’installation de 10 caméras dans la commune de Sourdun – 1 400 habitants – située en Seine et Marne, avec un ratio de caméras par habitant supérieur à celui de la ville de Nice !  Ce discours alléchant sur la sécurité se heurte malheureusement à une implacable réalité : en 2017, sur les 5 millions d’euros programmés pour l’aide à l’implantation des forces de sécurité, à peine la moitié a été mobilisée pour seulement 13 opérations qui par ailleurs se situent très majoritairement en dehors des quartiers populaires.

 

  • La réussite éducative : concernant la question du décrochage scolaire, Madame Pécresse annonce qu’elle veut inscrire la moitié des 30 000 jeunes hors du système scolaire dans une structure de raccrochage tout en expérimentant dans une vingtaine de lycées une ouverture aux associations le soir, le week-end et pendant les vacances.Rappelons en effet que Jean-Paul Huchon, président de la région Ile-de-France sous le mandat précédent, avait lancé une telle expérimentation en 2012, permettant ainsi la mise en place de dispositifs de soutien et d’accompagnement pour les jeunes en difficultés scolaires.Les enseignants des lycées d’Ile-de-France des quartiers populaires mesurent au quotidien la régression éducative liée au désengagement régional en matière d’éducation, Madame Pécresse ayant par ailleurs fait un choix idéologique, électoraliste et délibéré en finançant avec l’argent des franciliens des établissements privés hors contrat sur lesquels aucun contrôle des enseignements et des équipes éducatives n’est exercé. Cet argent dilapidé serait bien mieux utilisé si la Région l’investissait pour lutter précisément et effectivement contre le décrochage scolaire et pour soutenir les lycées publics.Au final, l’improvisation et la gesticulation ne font pas une politique : Madame Pécresse devrait mesurer que l’égalité réelle pour nos banlieues, qu’elle soit territoriale, sociale, culturelle ou encore éducative, mérite mieux qu’un « plan » uniquement construit sur de grandes déclarations médiatiques qui se fracassent sur la réalité de ses actes politiques.

Dès son arrivée aux responsabilités, Madame Pécresse a supprimé ces dispositifs !

Une fois de plus, madame Pécresse fait selon la formule Shakespearienne « beaucoup de bruit pour rien ».

Rappelons en effet que Jean-Paul Huchon, président de la région Ile-de-France sous le mandat précédent, avait lancé une telle expérimentation en 2012, permettant ainsi la mise en place de dispositifs de soutien et d’accompagnement pour les jeunes en difficultés scolaires. Dès son arrivée aux responsabilités, Madame Pécresse a supprimé ces dispositifs !

Les enseignants des lycées d’Ile-de-France des quartiers populaires mesurent au quotidien la régression éducative liée au désengagement régional en matière d’éducation, Madame Pécresse ayant par ailleurs fait un choix idéologique, électoraliste et délibéré en finançant avec l’argent des franciliens des établissements privés hors contrat sur lesquels aucun contrôle des enseignements et des équipes éducatives n’est exercé. Cet argent dilapidé serait bien mieux utilisé si la Région l’investissait pour lutter précisément et effectivement contre le décrochage scolaire et pour soutenir les lycées publics.

Au final, l’improvisation et la gesticulation ne font pas une politique : Madame Pécresse devrait mesurer que l’égalité réelle pour nos banlieues, qu’elle soit territoriale, sociale, culturelle ou encore éducative, mérite mieux qu’un « plan » uniquement construit sur de grandes déclarations médiatiques qui se fracassent sur la réalité de ses actes politiques.

Auteur: sa

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