La réforme du lycée professionnel : un avenir qui s’assombrit

Le Ministre de l’Éducation nationale vient de présenter une réforme de l’enseignement professionnel.

L’essentiel de ses propositions sont issues du rapport Calvez-Marcon et traduisent une double réorientation : modification des grilles horaires et organisation des études.
Sur les grilles horaires : le BAC Pro et le CAP sont revus à la baisse avec une réduction inquiétante de l’enseignement général alors même que le CNESCO (Conseil National d’Évaluation du Système Scolaire) préconisait fortement dans une récente conférence sur l’enseignement professionnel la nécessité de renforcer les curricula en enseignement général.

C’est ainsi que l’abaissement des horaires hebdomadaires en français/histoire-géographie/EMC (Éducation Morale et Civique) de 380 h à 297 h, en mathématiques de 181 h à 171 h ou encore en langues de 349 h à 265 h, va pénaliser les élèves, notamment en rendant plus difficile la poursuite des études supérieures.

Sur l’organisation des études ensuite : en réformant à la fin de la seconde l’orientation pour le BAC Pro, la préparation de ce BAC ne portera plus que sur 2 années au lieu de 3.
Le risque d’une déprofessionnalisation du BAC Pro est ainsi réel, avec la formation en milieu professionnel elle-même réduite, passant de 22 semaines à un étiage de 18 à 22 semaines.

Si notre système éducatif reste largement perfectible, rappelons toutefois que sur cette question du lycée professionnel, le nombre de bacheliers est passé de 110 000 à 190 000 entre 2010 et 2017.

Cette démocratisation de l’accès au BAC professionnel a notamment permis à des milliers de jeunes de milieux modestes d’accéder aux études supérieures.
La réforme aujourd’hui proposée, aussi louable soit-elle, porte en elle un risque majeur d’abaissement du niveau général des bacheliers professionnels, et, partant, de leur accès aux études supérieures, tremplin pour un projet de vie réussie.

Auteur: YT

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