Une école de la « défiance » plutôt qu’une école de la « confiance »

Le ministre de l’Education nationale a récemment publié 4 circulaires en direction des enseignants dans le domaine du calcul, de la lecture et de la grammaire , leur donnant par la même une véritable leçon.

Il déploie à cette occasion , notamment dans la presse,toute une série de poncifs qui s’inscrivent dans un arsenal idéologique teinté d’un conservatisme assumé , reprenant comme à chaque fois l’idée selon laquelle l’école d’autrefois et ses méthodes porteraient une école idéale , alors même qu’en réalité elle triait et sélectionnait bien plus encore que l’école d’aujourd’hui.

Invoquant les recherches « les plus avancées » pour apprendre à lire , écrire et compter -les fameuses « sciences cognitives »-, le Ministre compte bien imposer des pratiques et des outils pédagogiques aux enseignants, affirmant que « la liberté pédagogique est un moyen mais la finalité est la réussite de tous les élèves », comme si l’objectif des enseignants n’était pas précisément la réussite de tous leurs élèves.

En stigmatisant les enseignants avec des formules du type « la liberté pédagogique n’a jamais été l’anarchisme » ou encore « ce sont ceux qui cherchent la polémique qui sont du passé» , en réactivant des querelles dépassées et réductrices comme celle de la méthode de lecture, le Ministre caricature les vrais sujets de fonds mais évite surtout d’aborder les besoins urgents et concrets des enseignants comme par exemple la formation initiale mais aussi la formation continue trop souvent inexistante, la question des effectifs notamment en milieu rural,le manque d’enseignants spécialisés pour traiter la difficulté scolaire au cas par cas , l’année scolaire la plus courte et la journée scolaire la plus longue de tous les pays de l ‘OCDE, le blocage de la revalorisation des carrières des enseignants où encore la scolarisation des enfants de deux ans , véritable levier dans la lutte contre les inégalités, aujourd’hui remise en cause faute de moyens budgétaires.

Le ministre de l’Education nationale parle sans cesse d’une « école de la confiance « : c’est en fait une « école de la défiance » qu’il met en place méthodiquement.

Yannick TRIGANCE

Conseiller régional Ile-de-France

Auteur: sa

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