Madame Pécresse s’attaque aux lycéens boursiers de Seine-Saint-Denis

 

 

 

Après avoir par deux fois augmenté les tarifs du Pass Navigo Unique (+5,2€/mois), après avoir également augmenté celui de la carte Imagin’R (+8€/an), contrairement à ce qu’elle avait annoncé, Valérie Pécresse s’attaque au pouvoir d’achat des familles séquano-dionysiennes en abaissant le montant de sa participation dans l’aide aux élèves boursiers à l’achat de la carte Imagin’R.

Une nouvelle étape est franchie dans l’accroissement des inégalités territoriales au sein de la région la plus riche de France.

Ce sujet est devenu polémique lorsque, début août, Valérie Pécresse, a essayé de rendre responsable le Département de sa décision d’abandonner les lycéens boursiers. Les médias s’en sont saisi, les fédérations lycéennes aussi, mais pas comme Valérie Pécresse l’aurait souhaité.

C’est l’arroseur arrosé ! Madame Pécresse, il va falloir assumer !

1/ De quoi parle-t-on ?

 En 1999, la majorité régionale alors dirigée par Jean-Paul Huchon met en place une aide à l’achat de la carte Imagin’R pour les élèves boursiers, versée conjointement par le STIF via la Région et les Départements.

Consciente que le taux d’élèves boursiers est très différent d’un Département à l’autre, elle a décidé d’aider davantage ceux qui en avaient le plus.

→Ainsi, depuis 18 ans, la répartition entre le STIF et le CD93 pour le versement de cette aide se faisait ainsi : 64% pour le STIF/Région et 36% pour le CD93.

Aujourd’hui encore, la situation entre les départements d’Île-de-France concernant le taux d’élèves boursiers reste très inégale :

en 2016-2017, la Seine-Saint-Denis c’est 22% des abonnés boursiers c’est quasi le double de celui des Yvelines (12%) et  2 fois et demi de plus que celui de l’Essonne (9%).

 

2/ Pourquoi ce choix de la majorité de l’époque ?

→C’est pour combattre et réduire les inégalités sociales et territoriales que la Région de l’époque a mis en place cette aide pour les familles de boursiers et ce régime dérogatoire pour la Seine-Saint-Denis.

D’ailleurs ce régime dérogatoire ne s’arrêtait pas au versement de l’aide Imagin’R, il a été étendu à travers les contrats plan Région-Département aux travaux d’investissement notamment pour la réalisation de projets de transport : c’était la mise en place du 60-40.

Car ces inégalités territoriales au sein de la région la plus de France ne s’arrêtaient pas au nombre de boursiers. Pendant des années, la Seine-Saint-Denis a été la grande oubliée des transports en commun. Mais un rattrapage a été lancé par la précédente majorité régionale.

 

3/ La décision de Valérie Pécresse : un coup d’arrêt à cette volonté de rééquilibrage territorial et un coup porté au pouvoir d’achat des familles les plus en difficulté.

Lors du conseil d’administration du STIF le 5 octobre 2016, Valérie Pécresse et sa majorité ont décidé de remettre en cause cette situation en instaurant le principe du 50/50 pour tous les départements sans prise en compte des situations de chacun.

Cela leur permet ainsi d’abaisser leur participation dans l’aide à l’achat de la carte Imagin’R pour les élèves boursiers de 64% à 50%.

Et elle ne s’est pas arrêtée là : elle a aussi décidé de mettre un terme aux contrats Plan Région-Département et au 60-40.

Le Département de la Seine-Saint-Denis s’est évidemment opposé à cette remise en cause de l’aide Imagin’R à travers de nombreux courriers et surtout un vote contre en CA, contrairement à ce que Valérie Pécresse a récemment affirmé.

 

4/ La réaction du Département de la Seine-Saint-Denis et de son Président, mais aussi des fédérations lycéennes.

Pour les collégiens boursiers :

Suite à cette décision régionale, le Département de la Seine-Saint-Denis a décidé de prendre ses responsabilités et de compenser les 14% en augmentant sa participation à 50% pour les collégiens boursiers dont il a la compétence.      

Ainsi, pour les collégiens boursier, prise en charge : 50% STIF/RIF – 50% CD93

Pour les lycéens boursiers :

Si la situation financière du CD 93 ne permet pas de compenser ces 14% pour les 4 247 lycéens boursiers, qui relèvent par ailleurs de la compétence de la Région n’en déplaise à Mme Pécresse ; il n’est évidemment pas question de les abandonner : le CD 93 a donc décidé de maintenir sa participation à 36% et l’a fait savoir à Mme Pécresse. Mais celle-ci ne semble pas prête à prendre ses responsabilités.

→ Ainsi, avec la décision de Valérie Pécresse, pour les lycéens bousiers la répartition de l’aide se fait ainsi :

50% STIF/RIF,

36% CD93

14% manquants de la RIF pour les familles.

Le reste à charge pour les familles augmente donc de 16€ à 32€ selon le niveau de la bourse, passant ainsi respectivement de 228€ à 244€ et de 114€ à 146€.

Et c’est sans compter l’augmentation du tarif Imagin’R (+8€/an), qu’elle s’était engagée à ne pas faire justement parce qu’elle avait décidé de diminuer l’aide sociale à l’achat du titre.

Pour les fédérations lycéennes, qui ne sont pas dupes, c’est le désengagement de trop : une pétition intitulée « Mme Pécresse, rendez les aides aux transports des collégiens et lycéens boursiers du 93 » a été lancée par la FCPE de la Seine-Saint-Denis début août qui a recueilli pour le moment 1500 signatures. Il ne faut pas hésiter à la diffuser largement via le site change.org.

Le message est clair : Valerie Pécresse vit manifestement très bien avec les inégalités territoriales… et ne considère pas le porte-monnaie des familles les plus en difficulté comme une priorité.

 

 

Auteur: sa

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