Tribune pour l’éducation

Ma tribune pour l’éducation, priorité de ce quinquennat et de Manuel Valls

A l’occasion des primaires citoyennes à venir les 22 et 29 janvier prochain, j’ai souhaité m’exprimer sur la priorité de ce quinquennat et qui le restera avec Manuel Valls: l’éducation.

Retrouvez ma tribune publiée sur le HuffingtonPost ci-dessous .

 

Après les ravages de la droite, l’Education a été la priorité de ce quinquennat et le restera avec Manuel Valls

L’éducation est redevenue le premier budget de l’Etat sous François Hollande. La « Nation éducative » de Manuel Valls vise une école plus juste et inclusive.

Chers enseignants,

Chers personnels de l’Education nationale,

Chers parents d’élèves,

Chers responsables de l’Education populaire,

Madame, Monsieur,

Je souhaite m’adresser à vous alors que notre pays entre dans une année électorale dont l’issue déterminera le visage de la France pour la décennie à venir. L’éducation y occupera une place centrale, c’est le défi de notre jeunesse. En tant que Secrétaire national du Parti socialiste, j’ai été amené à rencontrer nombre d’entre vous. A l’issue du quinquennat, je sais que d’aucuns sont déçus, d’autres convaincus et que nombreux s’interrogent. Si j’entends les reproches, ils existent, je n’entends pas souvent les avancées, et pourtant elles sont là.

« Avec le temps va, tout s’en va » dit-on, et on oublie le temps où l’éducation était réduite à une simple variable d’ajustement budgétaire. Ce n’est pas très loin, c’était entre 2008 et 2012. Notre système éducatif est devenu exsangue, injuste et inefficace sous les coups de boutoir de la politique d’austérité du duo Sarkozy-Fillon: suppression de 80.000 postes dans l’éducation nationale, fin de la formation initiale des enseignants, décrochage dans tous les classements internationaux, abandon de la scolarisation des enfants de moins de 3 ans. A chaque rentrée, vous avez alors connu des mobilisations de la communauté éducative contre des fermetures de classes ou des classes surchargées, voire, empêché avec RESF que des camarades de classe de vos enfants ne soient expulsés du territoire avec leurs parents. Ce climat de tension a heureusement disparu ces cinq dernières années.

La droite nous a laissé une dette éducative colossale

La droite nous a laissé une dette éducative colossale. En 2012, jamais les origines sociales n’ont autant pesé sur les résultats scolaires. Les enquêtes Pisa ont démontré que 28% des performances d’un jeune Français étaient dues à son milieu social, contre 22% dans les pays de l’OCDE. Sous la droite, l’élitisme social a remplacé l’élitisme républicain. La compétition éducative s’est renforcée au profit de quelques uns mais au détriment du plus grand nombre.

Lorsque la gauche est revenue aux responsabilités en 2012, vous le savez, l’ampleur du chantier éducatif était immense. Réparer ne suffisait pas. Il fallait refonder pour renouer avec l’excellence au service de tous les élèves. À la résignation de la droite, il nous fallait opposer une politique publique volontaire et ambitieuse. Avec la loi d’orientation et de programmation pour la Refondation de l’école, l’éducation est ainsi redevenue le premier sujet, le premier objet, le premier budget de la Nation. A-t-on pu l’oublier?

Ce quinquennat n’aura pas tout achevé, il ne le pouvait pas et ne l’a d’ailleurs jamais prétendu. Il aura parfois donné l’impression de ne pas être assez aux côtés des acteurs de terrain, c’est vrai. Mais il a incontestablement marqué une rupture avec l’abandon éducatif des années 2008-2012, en posant les fondements d’une ambition recouvrée pour l’école.

Je ne souhaite pas vous faire ici le bilan exhaustif de la Refondation de l’école, mais en rappeler quelques mesures saillantes:

  • Nous avons redonné des moyens à l’école avec le recrutement de 54.000 postes dans l’éducation nationale et la création des Espé pour assurer la formation des enseignants.
  • Nous avons affirmé la priorité au primaire (que la droite semble découvrir aujourd’hui comme un pot-aux-roses) avec le dispositif « plus de maîtres que de classes », la relance de la scolarisation des enfants de moins de 3 ans et une meilleure organisation du temps scolaire.
  • Nous avons redéfini le socle commun de connaissances, de compétences et de culture. Le Conseil supérieur des programmes, que nous avons installé, a fait adopter de nouveaux programmes de maternelle, de primaire et de collège. Nous avons engagé un plan d’action global pour la maîtrise du français et une stratégie pour un meilleur enseignement des mathématiques.

Nous avons redonné plus à ceux qui en en ont le plus besoin en réformant, selon des critères justes et transparents, l’éducation prioritaire et nous avons remis l’égalité et l’interdisciplinarité au cœur du collège.

Nous préférons reconnaître le travail réalisé des enseignants et combler le retard de rémunération avec les autres pays de l’OCDE

Enfin nous avons commencé à revaloriser les personnels et les enseignants. Quand la droite conditionne la revalorisation des enseignants à l’accroissement de leurs horaires, nous préférons reconnaître le travail réalisé et combler le retard de rémunération avec les autres pays de l’OCDE.

Voilà qui donne un aperçu de ce qui a été engagé pour remettre debout le système éducatif, pour lui redonner les moyens de renouer avec sa mission. Mais vous le savez mieux que quiconque, le temps de l’éducation n’est pas celui du politique. L’éducation, c’est une affaire de dix ans, au moins. C’est pourquoi il faudra poursuivre cet effort, en particulier en matière budgétaire. Mais engager aussi de nouvelles actions pour faire de la qualité de vie à l’école le cœur de l’Acte II de la Refondation de l’école.

Cette qualité de vie à l’école, ce doit être d’abord une marque de considération et de reconnaissance à votre égard cher-e-s collègues enseignant-e-s. Elle doit nécessairement comprendre la revalorisation de votre salaire, mais elle doit aller au-delà, que ce soit par une plus grande marge d’initiative en matière pédagogique ou un accompagnement renforcé des jeunes professeurs, en particulier dans les établissements difficiles. Elle doit s’accompagner aussi d’un accès facilité à une formation continue rénovée et de qualité, plus en phase avec les travaux de la Recherche. Elle doit enfin favoriser les séjours des professeurs à l’étranger, source incontestable d’enrichissement et d’inspiration pédagogique.

Cette qualité doit aussi concerner les élèves. Elle passe par la réforme du lycée mais devra travailler sur le lien avec l’université pour permettre une plus grande réussite de nos étudiants en première année. Elle devra aussi donner à chaque jeune, au cours de sa scolarité, le droit de voyager, de partir à la découverte de la France et de développer son expérience sensible à travers l’éducation artistique et culturelle. Aucune faiblesse ne devra être consentie dans la lutte contre toutes les formes de violence à l’école et singulièrement contre la radicalisation de nos enfants.

Cette qualité de vie à l’école est enfin votre affaire, chers parents d’élèves et responsables des mouvements d’éducation populaire qui formez le cœur de la communauté éducative. La coéducation devra être approfondie. Les Projets éducatifs de territoire (PEDT) devront à ce titre devenir des lieux de construction des politiques éducatives locales, notamment dans la mise en cohérence des différents temps de l’enfant.

C’est toute l’ambition du projet de « Nation éducative » porté par Manuel Valls que j’ai décidé de soutenir lors des Primaires citoyennes. Après un quinquennat qui aura redonné des moyens et des fondements au système éducatif, nous avons l’ambition, avec Manuel Valls, de faire de la qualité de vie à l’école le cœur de nos priorités, pour une école plus inclusive, une école juste pour tous et exigeante pour chacun.

Je vous remercie d’avoir pris le temps de me lire, et vous souhaite, Madame, Monsieur, une belle et heureuse année au service de l’éducation de nos enfants.

 

Jeudi 12 janvier 2017

Auteur: sa

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