Laïcité : une valeur de progrès

La notion de laïcité

Toutes ces dernières années, l’avènement d’une laïcité “ouverte” ou “plurielle” a contribué, qu’on le veuille ou non, à vider de son contenu cette notion de laïcité, chacun finissant par exploiter cette indétermination selon ses propres intérêts.

La droite, elle, propose une vision réductrice de la laïcité destinée à montrer du doigt des situations plutôt qu’à les aborder dans le cadre d’une conception précise et claire de ce que doit être notre République.

Nous n’oublions pas en effet qu’il y a peu de temps encore les dirigeants de la droite tentaient d’aggraver la loi Falloux pour opposer l’école privée à l’école publique.

Nous n’oublions pas non plus la politique du précédent Président de la République qui d’un côté invoquait les principes laïques mais de l’autre s’appuyait sur une logique communautariste visant à dresser les citoyens les uns contre les autres tout en lançant des provocations comme celle de Latran (“l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur”).

C’est pourquoi, sans sectarisme et sans pointer du doigt telle ou telle composante de notre société, le débat doit être ouvert avec pour seul souci de permettre à chacun de trouver sa place dans notre société, conformément aux lois de notre République.

La laïcité est indissociable du modèle d’intégration au sens où le recul du racisme et de l’intolérance passe par une lutte contre toutes les discriminations, contre la fin des ghettos et de la ségrégation urbaine tout en organisant l’ensemble de l’espace et des services publics.

Nous considérons également que la tendance  qui consisterait à légiférer uniquement de manière répressive alimente une conception coercitive de la laïcité qui ne correspond pas à la réalité de ce principe républicain.

Ne nous méprenons pas : derrière le débat forcément réducteur et scandaleux lancé par l’extrême droite qui détourne de manière éhontée le principe de laïcité pour en faire une arme contre la religion musulmane, il s’agit avant tout de savoir si la République est aujourd’hui capable de préserver, de faire vivre et de promouvoir la cohésion et la communauté nationale partout en France.

Répondre à cette question, c’est pour nous reprendre cette phrase de Léon Blum : “Je le crois parce que je l’espère, je l’espère parce que je le crois”.

Yannick TRIGANCE

Conseiller régional Ile-de-France

Auteur: yt

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