Gilbert Bonnemaison

Inauguration de la rue Gilbert Bonnemaison

Lorsque Jean-Paul Huchon, Président de la Région Ile-de-France, m’a naturellement sollicité pour le représenter à l’occasion de l’inauguration de la rue Gilbert Bonnemaison, j’ai accepté en mémoire de ce grand homme, et de cet homme grand, qu’il fut.
 Un homme qui a marqué à jamais l’histoire de notre ville. Gilbert Bonnemaison fut d’abord un élu hors pair, totalement dévoué et engagé au service des spinassiens : adjoint au maire chargé des sports en 1959, puis maire de la ville de 1967 à 1995, il fut également Conseiller général et régional, député de la Seine-Saint-Denis de 1981 à 1993.

Au-delà des clivages politiciens, il a constamment œuvré dans l’intérêt général, soucieux de mettre au cœur de son action d’élu la justice, la solidarité et l’égalité des chances.
Il eut à gérer le formidable boom démographique de la population de notre ville au cours des années 60 et 70, qui l’amènera notamment à construire le centre-ville qui, ne l’oublions pas, correspondait à l’époque au nec-plus-ultra en matière d’urbanisme, fondé sur la séparation entre les circulations piétonnes et les circulations automobiles. Certains semblent avoir d’ailleurs oublié qu’à l’époque, les tours et les passerelles étaient en photo dans les grandes revues d’architecture, avant que l’évolution de notre société ne transforme ce qui fut un modèle en urbanisme totalement inadapté aux changements de nos quartiers.

Il sut aussi résister à toutes les propositions, à tous les projets, et ils furent nombreux, de livrer nos berges de Seine à la circulation routière où à des constructions. Et c’est donc à la volonté inébranlable de cet homme que nous devons aujourd’hui de disposer de ce bijou patrimonial que sont nos berges de Seine spinassiennes et que tant d’autres communes nous envient.
En ce même temps qu’il accomplissait avec force et engagement ses mandats électifs, Gilbert Bonnemaison, compagnon de route de François Mitterrand, a très fortement contribué à la réflexion politique au sein de son organisation politique, le Parti Socialiste, devenant au fil des ans le « Monsieur sécurité du PS », un expert des questions liées à la lutte contre la délinquance qu’il a toujours traité sous l’angle de la sanction, de la réparation, de la prévention et du soutien aux victimes.

Et si j’évoque le Parti Socialiste, c’est aussi parce que Gilbert Bonnemaison y accueilli ici même à Epinay, dans le gymnase Léo Lagrange à quelques centaines de mètres d’ici, le congrès fondateur de ce grand parti démocratique.
Il fut en effet Président de la commission des Maires en 1982 , Vice-Président du Conseil national de Prévention de la délinquance et remis notamment un travail tout à fait remarquable de propositions pour traiter la question de l’insécurité, toujours convaincu que les solutions sont multiples et que la prison , école de la récidive et de la délinquance, ne peut être l’unique solution.

Ce travail de réflexions et de propositions, fait d’allers-retours incessants entre le terrain et la réflexion théorique, permettra à notre ville de devenir une ville pionnière sur les questions de prévention et de sécurité, bien au-delà de nos frontières hexagonales puisque Gilbert Bonnemaison est aujourd’hui reconnu internationalement et qu’aujourd’hui encore ses travaux, ses propositions sont connus, reconnus, cités et appliquées partout dans le monde.

Je veux ici témoigner de mon profond respect, de ma profonde admiration pour Gilbert Bonnemaison qui reste pour moi, pour nous, un formidable exemple, un formidable modèle d’engagement humaniste au service de l’intérêt général.

 

Auteur: yt

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